Il
y a verre - transparence de verre - quand les yeux
heurtent
l'au-delà de leurs habitudes.
1994
- 2001 :
l'expérience vécue en 1993 avec Lune
Noiredonne lieu, l'année suivante, à
quelques hésitations en matière d'inspiration et de
formes. Divers textes voient le jour, au gré de mes
états d'âmes. Pas de projets véritables et donc un
certain désarroi. Mais le goût
de l'insolite
,
l'intensité ressentie lors de la composition du recueil
précédent (Lune
Noire), amènent quelques textes fort curieux et renouant
avec cette veine-là. En procédant toutefois différemment
et en essayant d'aller plus loin dans «l'absurde»
, cette autre façon de toucher aux
choses et d'en approcher les mystères. En fait, le tout
premier poème de ce type "Fait divers " est écrit
fin mai 93. Vingt-sept pièces, plus ou moins étranges,
viendront par la suite et seront rassemblées dans un
recueil Titré
Tel
l'essor... - Fin 1994 : la
concision tant espérée enfin arrive : des poèmes
brefs - six à dix lignes, courtes elles aussi - amorcent
un cycle qui se prolongera jusqu'en 1998 et verra
la composition de près de deux cent cinquante pièces,
réparties en plusieurs
recueils.
Fait-divers
Un tintamarre d'archanges échoue dans une
cuvette atmosphérique.
La cohorte déjà
s'éloigne.
Mais le végétal ploie sous l'accident
mystique et le silence s'est englué dans la divine
rosée.
Averti d'une aube pré-augurale, le Soleil
cerne aussitôt le
brouhaha...
On attend à présent les déferlements de la
réfraction.
Bien que l'emphatique chute n'ait point
l'ampleur d'une rédemption, le message vaut pour quelque
salut.
Ombrages,
soudain...
-Trop d'yeux avides ? - Trop de regards
immatures ?
L'éther se préserve, recompose ses
vapeurs... Le Ciel retire ses grâces
fortuites !
L'événement ne sera pas relaté dans la
presse locale.
(Extrait du
recueil Tel
l'essor. Texte écrit fin
mai 1993)
Inconséquence
J'ai
écrit sur un poteau électrique :
«Attention, mots de
haute tension !».
Et
le courant est passé...
Assez
fort pour me projeter à quelques années de lumière
!
Moi
donc, soudainement, si loin de mon acte, surpris par la
vélocité des voyelles, sonné par
l'électrochoc
des consonnes, me voici perdu - à tout jamais - dans le
champ ondulatoire de mon
inconséquence.
Moi
donc, si ténu déjà qu'il m'est impossible d'échapper au
fluide corpusculaire.
Emporté,
émancipé par la potentialité de mon message, que puis-je
à présent, sinon relativiser la chose.
(Extrait
du recueil Tel
l'essor. Texte écrit en juillet 94 au mas des Capelles à
Gonfaron dans le
var).