1/2                     En poésie avec Jacquy Gil

 

                                                           1994 - 2000 : un brin d'errance , puis  le chemin de la concision

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3ème période

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À bouts pensants, nous aimons, nous haïssons.

La joie commencée, ne la faisons pas attendre.

Voir, savoir... pénétrer ! Comment cela se peut-il si rien n'entrouvre la porte de l'étonnement ?   

 
Un florilège... La poésie au coeur de la vigne.
 
Il est des jours où nos pas sont priés de devancer nos chemins.

***

Ce reflet est une seconde source, l'amont d'un mystère où s'abreuve l'azur.

(Extraits du recueil À bouts pensants. - Avril 2001)

Il y a verre - transparence de verre - quand les yeux heurtent l'au-delà de leurs habitudes.

1994 - 2001 : l'expérience vécue en 1993 avec Lune Noire donne lieu, l'année suivante, à quelques hésitations en matière d'inspiration et de formes. Divers textes voient le jour, au gré de mes états d'âmes. Pas de projets véritables et donc un certain désarroi. Mais le goût de l'insolite , l'intensité ressentie lors de la composition du recueil précédent (Lune Noire), amènent quelques textes fort curieux et renouant avec cette veine-là. En procédant toutefois différemment et en essayant d'aller plus loin dans «l'absurde» , cette autre façon de toucher aux choses et d'en approcher les mystères. En fait, le tout premier poème de ce type "Fait divers " est écrit fin mai 93. Vingt-sept pièces, plus ou moins étranges, viendront par la suite et seront rassemblées dans un recueil Titré  Tel l'essor...   - Fin   1994 : la concision tant espérée enfin arrive : des poèmes brefs - six à dix lignes, courtes elles aussi - amorcent un cycle qui se prolongera jusqu'en 1998 et verra la composition de près de deux cent cinquante pièces, réparties en plusieurs recueils.

Fait-divers

Un tintamarre d'archanges échoue dans une cuvette atmosphérique.

La cohorte déjà s'éloigne.

Mais le végétal ploie sous l'accident mystique et le silence s'est englué dans la divine rosée.

Averti d'une aube pré-augurale, le Soleil cerne aussitôt le brouhaha...

On attend à présent les déferlements de la réfrac­tion.

Bien que l'emphatique chute n'ait point l'ampleur d'une rédemption, le message vaut pour quelque salut.

Ombrages, soudain...

-Trop d'yeux avides ? - Trop de regards immatures ?

L'éther se préserve, recompose ses vapeurs... Le Ciel retire ses grâces fortuites !

L'événement ne sera pas relaté dans la presse locale.

                                                                                            

                                                                                (Extrait du recueil Tel l'essor. Texte écrit fin mai 1993)

Inconséquence

J'ai écrit sur un poteau électrique :

«Attention, mots de haute tension !».

Et le courant est passé...

Assez fort pour me projeter à quelques années de lumière !

Moi donc, soudainement, si loin de mon acte, surpris par la vélocité des voyelles, sonné par

l'électrochoc des consonnes, me voici perdu - à tout jamais - dans le champ ondulatoire de mon in­conséquence.

Moi donc, si ténu déjà qu'il m'est impossible d'échapper au fluide corpusculaire.

Emporté, émancipé par la potentialité de mon message, que puis-je à présent, sinon relativiser la chose.

(Extrait du recueil Tel l'essor. Texte écrit en juillet 94 au mas des Capelles à Gonfaron dans le var).

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